Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 12:48

Project Syndicate | 2010-06-04 | English · Español

 

Olivier De Schutter

 

BRUXELLES – La Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA) et le secrétariat de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) ont récemment proposé sept Principes pour un investissement responsable agricole. Ces principes visent à s’assurer que ces énormes placements débouchent sur un résultat “gagnant-gagnant”, servant tant les investisseurs que les communautés directement impliquées. Il est à déplorer que ces principes, pétris de bonnes intentions, soient totalement inadéquats.

 

Depuis plusieurs années, les investisseurs (privés et publics) acquièrent et louent des millions d’hectares de terres agricoles dans le monde afin d’assurer l’approvisionnement de leur pays en nourriture, en matières premières et en biocarburants ou de toucher des subventions pour stockage du carbone sur leur site. Les investisseurs occidentaux, y compris les banques sises à Wall Street et autres directeurs de hedge funds, voient aujourd’hui l’investissement foncier comme un petit paradis au cour de la tourmente financière ambiante.

 

L’ampleur du phénomène est énorme. Depuis 2006, entre 15 et 20 millions d’hectares de surfaces agricoles – soit l’équivalent du total des terres arables de France – ont fait l’objet de négociations de la part d’investisseurs étrangers.

 

Les risques sont considérables. Bien trop souvent, des notions comme « terre agricole réservée » ou « en friche » (des notions parfois utilisées pour désigner une terre qui assure la subsistance de beaucoup de personnes, du reste soumises à un droit coutumier de longue date) disparaissent des suites de manipulation. Les expropriations ne devraient se faire qu’en cas d’« objectif public » valable, qui plus est contre dédommagement et sur consultation des intéressés. Or cette mesure est nettement plus transgressée que respectée.

 

En Afrique, les terres arables sont en général regardées comme propriété de l’état et le gouvernement s’en occupe comme si elles leurs appartenait en propre. En Amérique latine, le fossé entre les grands propriétaires fonciers et les petits exploitants se creuse. Aujourd’hui, en Asie du Sud, beaucoup de populations sont délogées de leurs terres ancestrales pour libérer l’espace afin de semer d’immenses plantations de palmiers à huile, construire des zones économiques spécifiques ou parachever des projets de reforestation.

 

Les principes proposés pour discipliner le phénomène reposent sur le volontariat pur et simple. Il est donc nécessaire d’insister pour que les gouvernements remplissent dûment leurs obligations envers les droits de l’homme, y compris le droit à l’alimentation, le droit des peuples à disposer eux-mêmes de leurs richesses et de leurs ressources naturelles et le droit à ne pas être privé de leurs moyens de subsistance. Et, comme ces principes ne tiennent pas compte des droits de l’homme, ils négligent un aspect essentiel appelé responsabilité.

 

Il est évident que l’achat de terres par les investisseurs pour créer de vastes plantations s’oppose à l’objectif de redistribution des terres pour garantir un accès plus équitable. Et les gouvernements n’ont de cesse de s’engager à respecter ces objectifs, davantage encore depuis la Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural de 2006.

 

Or, le problème va chercher bien plus loin que la formulation de ces principes. Promouvoir l’investissement foncier à grande échelle vient du fait qu’on a cru, pour combattre la faim, qu’il fallait encourager la production alimentaire car celle-ci était retardée par un manque d’investissement dans l’agriculture. Donc, lorsque des investisseurs s’intéressaient à ce domaine, il fallait les chouchouter, à l’encontre de toutes règles fondamentale les encourager plutôt que de les dissuader.

 

Mais il se trouve que le diagnostic est incorrect et le remède inapproprié. La faim et la malnutrition ne sont pas dues à un manque de production alimentaire. C’est le résultat de la pauvreté et des inégalités, notamment en zone rurale, zones habitées par 75 % des pauvres de ce monde.

 

Dans le passé, le développement de l’agriculture a donné la priorité à l’agriculture à grande échelle, de type capitaliste, au détriment des petits exploitants qui font vivre les communautés locales. En outre, dans un environnement de plus en plus compétitif, les fermiers se font exploiter, ce que le gouvernement ne parvient pas à empêcher. Aujourd’hui, les petits exploitants et les fermiers représentent 70 % de personnes incapables de se nourrir et cela ne devrait être une surprise pour personne.

 

Accélérer la transition vers une agriculture intensive et industrialisée ne résoudra pas le problème. En effet, le résultat sera pire. Les fermes les plus grandes et les mieux équipées sont très compétitives, puisqu’elles produisent pour les marchés à moindre coût. Mais elles génèrent aussi un nombre de frais sociaux qui ne sont pas pris en compte dans le prix de vente de la production.

 

En revanche, le coût de la production des petits exploitants est plus élevé. Ils produisent souvent par hectare, puisqu’ils optimisent l’utilisation du sol et utilisent les plantes et des animaux de manière complémentaire. Mais le type d’agriculture qu’ils pratiquent, qui repose sur moins de moyens externes et une plus faible mécanisation, requiert davantage de main d’ouvre.

 

Sur un même marché, les grandes fermes l’emportent sur les petits exploitants alors que ces derniers rendent de précieux services à la communauté (préservation de la diversité biologique et agricole, résilience des petites communautés au choc des prix ou à des événements liés aux intempéries, préservation de l’environnement, etc.).

 

L’arrivée de l’investissement de masse dans l’agriculture finira par modifier les relations entre ces deux mondes. Elle va exacerber cette concurrence très inégale. Elle sera aussi la cause de vifs conflits sociaux dans les zones rurales du globe.

 

Bien sûr, il faut investir dans l’agriculture de manière responsable. Mais, si beaucoup ont vu la peur provoquée par la crise du prix des denrées comme l’opportunité d’un investissement, il ne faut pas prendre ces opportunités pour des solutions.

 

Relancer l’agriculture dans le monde en développement nécessite environ 30 milliards de dollars par an, soit 0,05 % du PIB mondial. Toutefois, les sommes investies importent bien moins que le type d’agriculture encouragé. Si l’on laisse le développement de monocultures intensives dans les mains des acteurs économiques les plus puissants, le fossé avec l’agriculture familiale, à petite échelle, se creusera davantage, alors que le type d’agriculture industriel mis en avant est déjà responsable d’un tiers des émissions de gaz d’origine humaine.

 

Il est regrettable que, au lieu de relever le défi et d’encourager une agriculture durable d’un point de vue social et environnemental, nous agissions comme si accélérer la destruction du monde paysan devait se faire de manière responsable.

 

Copyright: Project Syndicate, 2010.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Aude Fondard



Source: Project Syndicate

Par SYNERGIE Paysanne
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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 15:41

FARM | le 1er juin 2010

Lionel Gbaguidi, vétérinaire béninois, fait le point sur les processus d’accaparrement des terres au Bénin, FARM met en ligne son analyse. L’auteur rappelle qu’investir dans l’achat de la terre et dans la production agricole constitue une tradition au Bénin. Ainsi, les fonctionnaires de l’administration et les hommes d’affaires ont depuis des années acheté des terres pour y pratiquer souvent une agriculture pérenne. Les superficies concernées étaient toujours limitées, de l’ordre de 20-50 hectares. Cependant depuis une dizaine d’années, le phénomène a pris de l’ampleur avec l’achat de superficies plus importantes et l’entrée d’investisseurs étrangers et des multinationales dans l’acquisition de terres dans les régions considérées comme les greniers du Bénin.

L’opacité qui entoure les transactions ne permet pas d’avoir toutes les informations car il n’existe pas de registres fonciers fonctionnels dans les communes et les transactions se font sous seing privé. Néanmoins, quelques grandes tendances ressortent. Le Bénin n’est pas dans le groupe de tête des pays d’Afrique courtisés pour leurs terres, dans l’ordre le Soudan, le Ghana et Madagascar. Mais le phénomène prend de l’ampleur depuis 2006 et concerne des superficies importantes dans le Sud et le Centre du pays. Les acquéreurs sont des nationaux qui semblent jouer le rôle d’intermédiaires et des investisseurs étrangers, très intéressés pour le moment par la production de biodiésel.

  • L’acquisition est le principal mode d’accès à la terre des investisseurs nationaux. La location de terres est peu fréquente.
  • Pratiquement toutes les transactions se font sur la base seulement de conventions de vente sans certification par les autorités locales. Très peu font l’objet d’un acte notarié ou d’un certificat foncier comme l’exige la loi foncière. Ces transactions sont souvent arrangées par des intermédiaires locaux. Ils ont plus de facilité pour négocier avec les paysans car natifs de la communauté.
  • Les acquéreurs primaires sont majoritairement des acquéreurs individuels. Les sociétés commerciales et les entreprises multinationales représentent pour le moment un nombre faible des acquéreurs primaires. Il existe un nombre élevé d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales qui ont investi dans la culture du jatropha pour la fabrication du biodiesel sur des superficies variant entre 2 500 hectares à 200 000 hectares. Les principaux investisseurs acquéreurs de terres béninois sont Députés, Ministres et Hommes d’Affaires. Les acquéreurs étrangers sont surtout des Libyens, des Saoudiens, des Libanais, des Italiens, des Chinois, de Nigérians et des ressortissants des Emirats Arabes Unis.
  • Dans les communes où il y a eu beaucoup d’acquisitions, le plus grand nombre de terres sont laissées en jachère, ce qui crédibilise la thèse de la revente à des groupes étrangers.

 

Lisez le document intégral : Achat/accaparement des terres en Afrique : Opportunités ou menaces ? Cas du Bénin en Afrique de l’Ouest (pdf, 145 ko)

 

 

Pour plus d’informations, contactez Cecilia Bellora



Source: FARM

Par SYNERGIE Paysanne
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 18:22

Dans le cadre de sa campagne de lutte contre l’achat massif des terres agricoles du Bénin, le Syndicat national des paysans du Bénin (SYNPA-Bénin) communément appelé « synergie paysanne » avec l’appui financier de l’Association suisse pour la coopération internationale (Helvétas-Bénin) organise depuis hier mardi 26 janvier, à l’INFOSEC à Cotonou, un atelier de réflexion stratégique. Cet atelier qui regroupe pour quatre jours les acteurs béninois impliqués dans cette lutte, des acteurs venus du Mali et des journalistes vise à élaborer une stratégie et faire un plan d’actions pour lutter efficacement contre le phénomène.

Hold-up des terres agricoles pour certains, véritable opportunité de développement pour les autres, l’achat des terres arables divise aujourd’hui experts, politiques et autres responsables associatifs. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain au Bénin ? Cette interrogation de Nestor Mahinou du Syndicat national des paysans (SYNPA) du Bénin hier à l’occasion de sa présentation de l’exposé sur l’expérience de SYNPA sur la problématique de l’accaparement des terres agricoles montre l’intérêt de l’atelier qui a regroupé les acteurs impliqués dans cette lutte.
Cet atelier dont le contexte a été situé à l’ouverture des travaux par Evelyne Sissinto de Helvétas-Bénin a pour objectifs, d’échanger avec les acteurs du Mali sur leurs expériences de sauvegarder leurs ressources naturelles ; d’élaborer une stratégie convenue pour la lutte contre l’accaparement des terres ; faire un plan d’actions et développer une vision régionale sur la problématique de l’accaparement des terres. Puis, autres enjeux, nouer des alliances avec des partenaires.
Dans la journée d’hier, trois communications ont été présentées aux participants. La première, relative aux insuffisances de la loi qui ne protège pas les producteurs a été présentée par Me Elvire Vignon. Après avoir expliqué les dispositions de ladite loi, elle a récapitulé les insuffisances et les opportunités de la loi foncière en 18 points.
Elle a proposé et demandé la mise en place de la fiscalité appropriée dont la loi n’a pas fait cas ; la constitution des associations d’intérêt foncier. Il y a, selon l’avocate, un manque d’indépendance des organes consultatifs de gestion foncière dans la loi ; l’absence de définition des modalités d’exercice du droit de priorité et du droit de préemption. Elvire Vignon propose également une modernisation des usages et des transactions dans le milieu paysan et que la constitution des entreprises familiales ou non familiales agricoles aient une base juridique ; de même que la forme des avis et propositions des organes consultatifs de gestion foncière soit bien définie dans la loi.
La deuxième communication présentée par Nestor Mahinou de Synergie paysanne sur l’expérience de SYNPA-Bénin relative à la problématique de l’accaparement des terres agricoles s’est basée sur une étude effectuée par le syndicat dans la commune de Djidja dans le département du Zou. Il s’agit ici de mesurer, plus en détail, le processus d’acquisition des terres par les multiples investisseurs.
Selon les études, les parcelles ayant fait l’objet d’une transaction ont toutes concerné une opération d’achat. Aucune transaction observée n’a concerné de contrat de location ou de métayage. Les transactions ont été rares en 2006 (9%) et 2007 (9%) puis deviennent de plus en plus fréquentes en 2008 (32%) et encore plus en 2009 (50%).
La troisième et dernière communication de la journée a porté sur l’expérience du Réseau de Kita au Mali. Il s’agit de la lutte contre la coupe de bois de Venn au Mali confiée à une entreprise chinoise. Présentée par le président du réseau, Mamadou Sissoko et Seydou Kamissoko, cette communication a permis aux acteurs béninois impliqués dans la lutte contre l’accaparement des terres de comprendre les démarches menées par ce réseau pour mettre fin à cette activité qui détruisait les ressources naturelles dans cette région du Mali. Une communication qui été soutenue par la présentation d’un film qui a retracé les différentes actions menées.

Par Bruno SEWADE

Source: La Nation du 27/01/2010

Par SYNERGIE Paysanne
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 08:52

Le Bénin, à l’instar de nombreux pays africains regorge d’énormes potentialités agricoles mais qui sont sous valorisées. Nous en voudrions pour preuves, les éléments de statistiques suivants : Sur les 11 millions d’hectares (ha) de surface disponible, un peu moins de 60% sont aptes à l’agriculture. .

Les raisons de la forte léthargie observée dans le développement agricole sont la marginalisation à outrance des acteurs clés dans le processus de prise de décision et dans la définition des programmes et politiques agricoles.

On avait pendant longtemps pensé que le monde paysan est un groupe cible à qui il faut simplement apporter des solutions toutes faites.

Dans un pays où l’agriculture contribue à plus de 38,4% du PIB, on ne saurait continuer à faire la sourde oreille aux revendications et difficultés éprouvées par les nombreux paysans grâce à qui :

- le coton continue d’être le principal produit d’exportation aux côtés de l’anacarde, les cossettes de manioc, de l’ananas, etc.

- le Bénin est relativement à l’abri de l’insécurité alimentaire malgré la persistance des zones à risque,

- les autres secteurs de l’économie (industrie, transport, commerce) ne sont pas entièrement agonisés à travers l’approvisionnement des matières premières et les services divers de transaction.

Cette prépondérance dans la vie économique est paradoxalement invisible au point où la récompense de cette contribution éloquente à l’économie nationale est réduite à la pauvreté, le sous équipement, l’inaccessibilité à la terre.

Nul n’ayant intérêt à ce que les règles du jeu valables pour tous soient imposées par les seuls décideurs politiques en complicité avec le FMI et la BM, « l’accès au foncier » constitue indéniablement la seule porte de sortie honorable qui s’offre à l’épanouissement d’une agriculture professionnelle et durable.

Pour le rayonnement de l’équité et la justice sociale: artisans, politiciens, commerçants, cadres de l’administration, acteurs de la société civile doivent s’unir et concentrer leurs efforts sur la Campagne contre l’achat massif de nos terres agricoles (pour des fins de spéculation ou la production de cultures non alimentaires comme le jatropha au nom duquel des centaines de milliers d’hectares sont achetés ou mis en concession par l’Etat).

Vrais acteurs au rang desquels se trouve en bonne place et en première loge le monde paysan qui est encore majoritairement à la houe pour nourrir une population dont les décideurs qu’il a élus, et dont l’élite qu’il a contribuée à former décident sans le consulter ou très peu sur les choix stratégiques du développement agricole ; en ouvrant grandement les portes de notre cher pays aux « nouveaux acteurs » comme il est devenu politiquement correct de désigner des commerçants, des fonctionnaires, ministres, députés ou sociétés qui investissent dans la terre. 

Mieux ils se constituent en intermédiaires obligés qui bénéficient plus que le monde paysan du fruit de ses efforts.

Les preuves sont là du Sud au Nord ; de l’Est à l’Ouest.

En effet, partis sur les traces du jatropha de Tori à Ouèssè en passant par  Djidja et Zakpota, plus de 500.OOO hectares de terres sont achetés par les nouveaux acteurs dont nous avons parlé tantôt.

 Imaginez Zakpota, le fameux Zakpota, réputé jadis pour le trafic des enfants, éternelle zone à risque au plan alimentaire. C’est encore Zakpota qui s’est fait emballé avec des centaines d’hectares de jatropha imposé par une ONG de la place ayant reçu plus de 20 Millions de francs CFA du Fonds pour l’Environnement Mondial(FEM).

En effet, le Syndicat des paysans du Benin, en même temps qu’il revendique la place qui est celle du monde paysan l’inscrit dans la dynamique du développement.

Nous voudrions que cet appel contre la ruée sur nos terres agricoles par les étrangers soit bien entendu aux quatre coins du monde et qu’il ne soit pas couvert par le concert des klaxons prônant à tout vent le changement car Synergie Paysanne souhaite le vrai changement.

Si nous voulons amorcer le développement et ce sera un signe tangible du changement souhaité pour notre pays, accordons au monde paysan avec Synergie Paysanne au moins le droit de préserver ses terres et ressources naturelles pour son agriculture.

Car, la conscience politique qui brise les chaînes de l’oppression, celle qui soulève les montagnes pour construire le pays, s’est émoussée hélas très tôt faisant place à celle qui court après les bailleurs de fonds pour créer une richesse éphémère pour quelques fils du pays laissant la majorité se débattre dans le besoin de l’essentiel pour survivre.

Elle ferait certainement mieux si nous protégeons nos terres de l’appétit vorace des investisseurs étrangers en prenant des dispositions législatives pour arrêter la vente anarchique, fondement, pilier, pierre angulaire du développement agricole de notre pays.

Par SYNERGIE Paysanne
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 15:09

Ces dernières années le Gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour la promotion de l’agriculture dans notre pays. A titre d’exemple la mise en œuvre du Programme de Promotion de la Mécanisation Agricole (PPMA), l’aménagement des vallées, le recrutement de nouveaux agents d’encadrement, le projet d’installation des jeunes dans l’agriculture.

Dans le même temps, l’amer constat est la ruée des multinationales et de certains nationaux sur les 11.300.000 ha de terres agricoles de notre pays.

Pour preuve, des centaines d’hectares se trouvent dans les mains de ces Investisseurs à Tori, Ouèssè, Djidja, Zakpota et des milliers d’hectares acquis d’une manière ou d’une autre toujours par ceux là même à Djougou, Sinendé, Sègbana etc.

L’achat des milliers d’ha de nos terres agricoles par des multinationales greffé des prochaines délivrances de Certificats fonciers prônés par le MCA-Bénin, garantit-il la Souveraineté territoriale de notre pays ?

La terre constituant l’outil principal du paysan, cette expropriation de ce capital précieux par les multinationales participe-t-elle à la réduction de la pauvreté ou n’entame–t-elle pas dangereusement la survie du paysan ?

A terme, cette dépossession n’est-elle pas en train de créer des paysans sans terre à l’instar de ce qui se passe dans les pays latino américains tels le Brésil, la Colombie, le Mexique et au Madagascar en Afrique et qui engendre des conflits sociaux ?

Ces questionnements ont poussé la Synergie Paysanne à interpeller la conscience nationale en amont que sont les dirigeants de l’exécutif et du législatif dans notre pays et en aval les paysans que nous sommes.

Au même moment où les paysans béninois se voient déposséder de leurs terres, les éleveurs de Lapin ont leur produit sur les bras ; mettant à nu l’incohérence entre la politique de la promotion de l’emploi des jeunes et la politique commerciale en cours au Bénin.

N’est-ce pas vouloir d’une chose et en même temps son contraire ?

A ce rythme, les jeunes promoteurs seront-ils en mesure de faire face au remboursement des crédits vis-à-vis des Institutions de microfinance ?

Très sensible à ces différents problèmes du monde agricole, la Synergie Paysanne propose :

Par rapport à l’accaparement des terres agricoles par les multinationales et les intermédiaires nationaux :

Que le Gouvernement prenne en urgence une ordonnance en vue de mettre fin à ce triste phénomène.

Que l’Assemblée Nationale vote une Loi interdisant l’achat de nos terres agricoles par les multinationales et limitant la superficie maximale à acquérir par les nationaux.

Que le Comité de relecture de notre Constitution revoit l’article 22 de ladite Constitution.

En ce qui concerne la situation des éleveurs de Lapin, nous sollicitons respectueusement l’implication personnelle du Chef de l’Etat pour sauver l’emploi des jeunes dans l’agriculture.

Non à cette nouvelle forme de colonisation.

Non à la spéculation foncière.

Par SYNERGIE Paysanne
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